Une voiture éléctrique basse tension grace à l’oxidoreduction de sels métalliques

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La Quantino, développée par l’entreprise Nanoflowcell a obtenu son homologation sur route. Déjà dotée d’un système de batteries unique au monde, il s’agit du premier véhicule électrique basse tension à être homologué au monde. Les premiers essais sur route ont été réalisés cette année 2016.

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La voiture développée par l’entreprise Nanoflowcell, la Quantino, a obtenu l’homologation lui permettant de rouler sur les routes européennes. Présentée comme concept-car lors de l’édition 2015 du Salon international de l’automobile de Genève, la Quantino est, avec sa grande sœur la Quant-E, le deuxième véhicule doté de la technologie Nanoflowcell à être officiellement habilité à rouler sur les routes européennes. Cette homologation sera suivie de tests en condition réelles et devrait aboutir à la fabrication en série de la voiture.

5 fois plus d’énergie stockée pour le même poids que les batteries lithium-ion

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Selon ses constructeurs, la Quantino constitue une réponse crédible aux besoins en carburants alternatifs sur le long terme. Comme la Quant-E, le véhicule de recherche embarque une technologie de stockage d’énergie par batteries à flux développée par Nanoflowcell. Les “batteries à flux” sont en réalité la combinaison d’une pile à combustible et d’un accumulateur électrochimique, développées dans les années 1970 par la Nasa pour ses vaisseaux spatiaux, surnommé “batterie à l’eau salée”.  La technologie Flow Cell fonctionne à partir de deux liquides ioniques, l’un chargé positivement et l’autre chargé négativement, dont on remplit deux réservoirs séparés dans la voiture, de la même manière qu’on le fait actuellement avec des hydrocarbures. 

Elle fonctionne sur le même principe que la Quant-F, avec des batteries à flux. Le principe est simple : en lieu et place d’une batterie lithium-ion, comme dans la plupart des véhicules électriques, se trouve un accumulateur électrochimique et une pile à combustible. Pour créer l’électricité, deux solutions électrolytiques (ionisées et inversement polarisées) sont mises en contact, bien que séparées par un filtre, au travers duquel elles échangent des protons.

Ce procédé d’oxyréduction avait été développé par la NASA dans les années 1970 pour alimenter des modules spatiaux. Les solutions sont stockées dans deux gros réservoirs, de 250 litres chacun pour la Quant F et de 175 litres pour la Quantino. Si certains parlent « d’eau salée » pour décrire ces solutions, il ne s’agit pas d’eau de mer mais d’un mélange spécifique de sels métalliques.

L’avantage de ces fluides ioniques est qu’ils ne sont, ni toxiques, ni inflammables et qu’ils résistent au froid. Le désavantage est bien sur la place que prennent les réservoirs, qui limite l’espace de l’habitacle, et leur poids, qui a amené Nano Flow Cell a développé une carrosserie en fibres de carbone pour alléger le véhicule. Cependant, les batteries lithium-ion pesant également lourd, la société vante la capacité de ses batteries comme 5 fois supérieure à poids égal (600 Wh/kg).

Des voitures électriques basse tension 

L’autonomie exceptionnelle de 1.000 km est également rendu possible par le fait que la Quantino est un véhicule basse tension. Ses quatre moteurs de 25 kW s’animent sous une tension de 48 V (contre plus de 320 V pour plupart des véhicules électriques commercialisés). Malgré cela, la Quantino est loin d’être une voiturette de golf : sa vitesse de pointe est évaluée à 200 km/h.

« Un système fonctionnant à basse tension offre différents avantages par rapport à ceux à haute tension utilisés actuellement sur les véhicules électrique », explique Nunzio La Vecchia. La sécurité du véhicule est améliorée, avec une prévention des chocs électriques qui n’est pas nécessaire. Ainsi l’homologation devrait être plus rapide à obtenir.

La technologie n’est pas encore pleinement opérationnelle, le prototype la Quantino présenté au salon n’étant pas encore un prototype roulant. L’objectif est une production en série dans les plus brefs délais mais les processus réglementaires sont longs.

Au-delà de la question du prix, encore inconnu (et certainement élevé), des interrogations subsistent sur la technologie. Comment les propriétaires de Quant pourront-ils faire le plein ? Un réseau de stations-service spécialisées est-il envisageable ? La recharge électrique risque de prendre un temps considérable et le remplacement de 350 ou 500 litres de fluide ionique semble bien complexe à réaliser…

https://www.lenergieenquestions.fr/nano-flow-cell-presente-2-nouveaux-prototypes-de-voitures-a-eau-salee/

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